Les défenseurs des droits humains ont procédé, ce jeudi 30 avril, à l’hôtel Fleuve Congo, au lancement d’une Coalition nationale des défenseurs des droits humains en République Démocratique du Congo.

Cette structure a été mise en place à l’issue d’un atelier de trois jours, organisé du 27 au 29 avril à Kinshasa, qui a réuni des défenseurs des droits humains, des responsables d’organisations ainsi que des autorités autour des enjeux liés à la promotion et à la protection des droits humains, dans une approche coordonnée à l’échelle nationale.
La coalition vise à renforcer la protection et la coordination des acteurs de la société civile, tout en améliorant leur réactivité face aux menaces, le partage d’informations, l’utilisation des ressources disponibles ainsi que la résilience collective.

Pour Hassan Shire, Directeur exécutif de DefendDefenders et Président d’AfricanDefenders, cette coalition s’articule autour de trois axes majeurs : la protection des défenseurs, le renforcement des capacités et le plaidoyer commun.
Pour lui, il s’agit de renforcer la protection, à la fois préventive et active.
Aujourd’hui, beaucoup de défenseurs des droits humains sont des déplacés internes ou vivent en exil.
La coalition devra documenter ces situations et y répondre. Elle servira aussi de cadre de renforcement des capacités, notamment en matière de sécurité numérique, de sécurité physique et de documentation des violations des droits humains.
Enfin, elle portera une voix commune auprès des autorités », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette nouvelle plateforme répond à un besoin ancien.
« La Coalition nationale des défenseurs des droits humains au Congo a commencé à être envisagée il y a près de 20 ans. Il y a eu plusieurs tentatives, mais sans consensus. Aujourd’hui, c’est une étape importante », a-t-il ajouté.
Il a souligné également que la RDC rejoint ainsi un réseau continental déjà structuré en precisant que : « Nous avons mis en place 22 coalitions nationales à travers l’Afrique. Celle-ci est la 23e, portée par les défenseurs congolais eux-mêmes ».
Signalons que, malgré l’adoption en 2023 de la loi n°23/027, une avancée majeure qui positionne la RDC comme pionnière en Afrique centrale en matière de protection des défenseurs des droits humains, la réalité sur le terrain demeure préoccupante.
Entre l’insécurité persistante, les tensions politiques et des dispositifs de protection encore fragiles, les acteurs de la société civile continuent d’évoluer dans un environnement à haut risque.
La situation est particulièrement alarmante dans l’est du pays, où la recrudescence du conflit armé depuis le début de l’année 2025 met davantage en péril leur engagement et leur sécurité.
Merry Kapula
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