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La presse congolaise est en deuil depuis l’annonce du décès, le 17 février 2026 à Bruxelles, de l’icône de la presse écrite féminine congolaise, Georgine Lutay Kanza. Figure pionnière et voix engagée pour la promotion de la femme à travers les médias, elle laisse derrière elle un héritage intellectuel et professionnel majeur. Dans un témoignage empreint d’émotion, la Présidente de l’Association Congolaise des Femmes Journalistes de la Presse Écrite (ACOFEPE), Grâce Ngyke Kangundu, revient sur sa rencontre marquante avec celle qu’elle considère comme une référence historique pour les femmes journalistes.

Une rencontre déterminante autour de la mémoire des pionnières

En juin 2018, dans le cadre d’un projet initié par l’ACOFEPE visant à reconnaître le travail des femmes pionnières de la presse écrite congolaise, Grâce Ngyke Kangundu découvre le parcours exceptionnel de Mme Lutay Kanza, l’une des premières femmes journalistes à exercer dans la presse écrite à l’époque du Zaïre.

Créatrice du magazine féminin « Bibi », en swahili signifiant « la Femme » en français, Georgine Lutay Kanza avait déjà marqué son époque par un engagement éditorial audacieux, mettant la femme au cœur du débat social et médiatique.

La rencontre, facilitée par le doyen Stéphane Kitutu O’Lentwa, eut lieu à la résidence de la journaliste dans la commune de la Gombe, à Kinshasa.

« C’était émouvant de passer plus de trois heures d’échanges et de travail malgré le poids de son âge. Elle m’avait confié être prête à céder le flambeau de sa plume aux nouvelles générations », témoigne Grâce Ngyke Kangundu.

La naissance du Trophée Lutay KANZA

Séduite par l’initiative visant à créer des modèles féminins inspirants dans la presse écrite, Georgine Lutay Kanza donna son accord pour que son nom soit attribué au trophée honorant les femmes journalistes pionnières.

Ce projet fut mis en œuvre lors de la célébration de la Journée nationale de la presse, le 21 juillet, avec l’appui de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles à Kinshasa.

À cette occasion, sept femmes journalistes de la République démocratique du Congo furent primées pour plus de vingt-cinq années de carrière ininterrompue dans la presse écrite. La cérémonie, marquée par la présence de professeurs d’université, de professionnels des médias, de partenaires internationaux et des autorités politiques représentées par le ministère du Genre, consacra la première édition du Trophée Lutay KANZA.

Un héritage à transmettre aux générations futures

Aujourd’hui, la disparition de Georgine Lutay Kanza résonne comme une perte immense pour la profession. Mais pour Grâce Ngyke Kangundu, son combat demeure vivant.

« Georgine LUTAY KANZA a vécu pour porter haut la voix de la femme à travers la plume. Elle s’est battue pour que le combat des femmes soit connu et reconnu à travers les écritures féminines. », a martelé la Présidente de l’ACOFEPE.

Selon la présidente de l’ACOFEPE, lui rendre hommage signifie poursuivre son idéologie : promouvoir un traitement professionnel, rigoureux et qualitatif des questions liées au genre et à la femme dans les médias.

Continuer la lutte par la plume

Au-delà du souvenir, l’héritage de Georgine Lutay Kanza constitue désormais une responsabilité collective pour les nouvelles générations de journalistes.

Former, inspirer et encourager davantage de femmes à investir la presse écrite demeure l’un des moyens les plus fidèles d’honorer celle qui aura consacré sa vie à ouvrir la voie. Car, comme le souligne Grâce Ngyke Kangundu, la meilleure manière de célébrer une pionnière est de poursuivre le combat qu’elle a commencé plume en main, au service de la vérité et de la dignité des femmes.

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